LA MINUTE DANSE – MOMIX’S FIRST BORN

Appel à tous les réfractaires à la danse : c’est beau, c’est court, c’est poétique. Cliquez !

Anniversaire funeste & grands changements

Il y a dix ans tout juste, dix ans à peine, deux avions venaient percuter les tours jumelles de Manhattan. Le monde entier regardait, sidéré, la fin du souverainisme américain pour certains, le début d’un autre ère pour d’autres. On allait jusqu’à qualifier cette triste date comme celle du véritable commencement du XXIème siècle. Seulement, dix ans ont passé. La guerre en Irak puis le conflit en Afghanistan ont eu raison des prétentions souverainistes occidentales. Le géant étasunien, enlisé dans un bourbier conflictuel sans fin, n’a pas vu les changements de ces derniers mois venir. Le vent de protestation se lever. La colère des peuples gronder. Comme nous.

En ce 11 septembre 2011 il n’est pas un journal, une rédaction, une émission, ne serait-ce que vaguement informative, qui fasse l’impasse sur la date anniversaire de l’attentat du World Trade Center. Mais les pays arabes, eux, regardent ailleurs. Les commémorations importent peu face à la fin du règne de Kadhafi  en Libye, la situation préoccupante de la Syrie, la possible création d’un état palestinien, et surtout « l’après » révolution de pays comme l’Egypte ou la Tunisie. Il serait plus que temps d’accorder toute notre attention à ces peuples qui subissent des changements aussi grands, si ce n’est plus, que les évènements de septembre 2001. Certes, ces images nous ont marqué, par leur violence, leur portée symbolique, la charge émotive qui en découlait. Mais ne peut-on pas dire la même chose de ces peuples assoiffés de liberté ? Les derniers mois aussi ont été lourds en pertes humaines, comme l’a été l’attentat de New York. Mais n’est-il pas plus grave de voir des gens mourir par seule volonté de gouvernements qui agissent en toute impunité ? N’est-il pas plus affolant de savoir que des hommes et des femmes meurent massacrés par les représentants de leur propre nation ?

Si le 11 septembre semble aujourd’hui aussi dépassé aux yeux des communautés arabes, c’est que l’actualité des révolutions encore toutes récentes en a démontré la grande vacuité de sens. La vision réductrice du monde musulman qu’a entraîné l’attentat, la diabolisation religieuse qui a suivi ne sont plus aujourd’hui au coeur du débat. Pour la jeunesse tunisienne ou arabe, les mouvements de protestation ont achevé d’éclipser Ben Laden, dont la mort, peu de temps après, a scellé la fin d’un mythe.

10 ans après, le droit à un autre regard : 

Quand l’art se mêle au 11 septembre 2001, c’est ici que ça se passe.

Qui veut colorier les tours ? Moi !

Image : September 11 ,2008, oil on canvas, 92 x 73 cm, Zbigniew Nowosadzki

La minute danse – MOMIX

Les ballets sont souvent comme les films ; il ne faut pas trop attendre d’eux. A trop voir la bande-annonce, à trop se fier au réalisateur, à trop espérer dans les files d’attente, on est toujours déçu. A ceci près que la danse, dans sa réalité (je ne parle pas ici de danse filmée ou de films dansés) apporte aux mouvements une fragilité, une sensibilité que n’a pas le 7ème art. Chaque geste devient une double recherche de perfection, chez le danseur bien évidemment, comme chez le spectateur. Qui n’a pas tremblé devant des arabesques ? Sursauté pendant des entrechats mal maîtrisés ? Fait relever à voix haute que le corps de ballet n’était pas exactement ensemble, que les cheveux d’une fille s’étaient détachés pendant un mouvement ? Il n’est pas nécessaire d’être un grand connaisseur de danse pour se surprendre à ces petits jeux !
En ce sens, la compagnie MOMIX réussit à surprendre ; peu connue donc peu attendue par le public, du moins en France, elle dispose d’un grand avantage : celui de la surprise… Et nous subjugue par sa modernité et son audace. Qui ces chorégraphes peuvent-ils bien être pour oser un spectacle si basé sur le visuel pour qu’on en oublie, les yeux écarquillés, que ce qui nous est montré est réel et tangible ? En jouant sur la surenchère visuelle et de fait, sur la passivité de leurs spectateurs, Moses Pendleton et Cynthia Quinn parviennent à nous détourner de nos vilaines habitudes. On ne cherche plus la petite bête, et, néophyte comme professionnel, on se tout simplement aller. Cela peut être surprenant mais il est peu de chorégraphes avec lesquels on lâche complètement prise. La danse, dans sa recherche de beauté permanente, dans ses codes (en particulier en danse classique), dans son exhibition permanente du corps humain, dans sa combinaison (essentielle) avec la musique est un des arts les plus difficiles à appréhender. La hardiesse des oeuvres du MOMIX réside dans le choix, résolument moderne, car trop souvent oublié au profit d’une certaine intellectualisation extrême du mouvement, de faire rimer danse avec poésie. En naviguant entre le surréalisme et le kitch Bollywoodien, les mythes antiques et les clins d’oeil cinématographiques, Moses Pendleton et Cynthia Quinn nous donnent à voir un spectacle complet et envoûtant.
Vidéo : MOMIX, Botanica, extraits.

Quand Jesus est content, la pub est interdite

4 U n’avait pas prévu ça. Cette publicité, lancée par l’opérateur téléphonique du même nom, a pourtant été interdite en Angleterre. Lancée le 21 avril dans la presse britannique, elle n’avait suscité aucune réaction particulière des lecteurs, si ce n’est d’une poignée de croyants prêts à tout pour la faire bannir de la presse. Mais qu’a-t-elle de si choquant ? On y voit un Jésus souriant, au clin d’oeil malicieux, à l’attitude avenante, le pouce levé en signe de satisfaction. Pourtant, « nous avons conclu que la publicité était irrévérencieuse vis-à-vis de la foi catholique et de nature à sérieusement offenser les chrétiens tout particulièrement », a expliqué l’Advertising Standards Authority (ASA) après avoir reçu 98 plaintes. L’image « donnait l’impression de tourner en dérision l’une des croyances chrétiennes fondamentales ». Positivisme chrétien et publicité : analogie impossible ? Exception faite des JMJ alors.

 

Merci Libé & Cyberpresse.

LA MINUTE DANSE – Preljocaj

Comme d’autres postent des musiques, postons des ballets. Art complet, aux instruments multiples, puisqu’il engage simultanément le corps, l’écoute, la sensibilité et le jeu (au sens théâtral du terme) la danse demeure pourtant le parent pauvre de la culture. On lui reproche tour à tour son coût, sa rentabilité limitée ou ce côté faussement suranné. Pourtant, on a jamais autant eu besoin de danse. Beaucoup de chorégraphes l’ont compris, Angelin Preljocaj fût l’un des premiers. Il a entamé, et cela bien avant la construction de son Pavillon Noir une véritable politique de démocratisation de la danse dans un paysage régional manquant cruellement de diversité culturelle.

Vidéo :  Le Parc – Abandon Pas de deux, par Aurélie Dupont et Manuel Legris, étoiles de l’Opéra National de Paris. Chorégraphie : Angelin Preljocaj. Sur une musique de Mozart.

Pour ceux pour qui huit minutes de danse sur internet serait trop long (non non je ne m’étrangle pas d’indignation derrière mon écran), allez directement à la cinquième minute.

Ici, vous trouverez les tournées du ballet Preljocaj.

Twitter, faster than earthquakes

Personne ne le niera, internet est un fabuleux outil d’information. Aux textes s’ajoutent les images, les vidéos, la possibilité de commenter. Mais, dans la jungle du Web, les codes et les usages informatifs sont différents de ceux de la presse écrite. Tout va plus vite, le temps et les frontières disparaissent, seule compte la vitesse à laquelle l’information sera transmise.

D’où vient cette obsession de la précipitation ? D’être tout simplement les premiers à être lus et donc à être les plus lus. A faire le « buzz ». Car dans la possibilité d’interaction proposé par les sites d’information en ligne, c’est une certaine reconnaissance dont bénéficie les journalistes web. Une reconnaissance que se garderaient bien de leur accorder leurs collègues du support papier… Souvent obligés de favoriser la rapidité avec laquelle l’information est transmise à sa viabilité, les journalistes web sont pressés par le temps. Pourtant, ils n’ont jamais été autant lus et suivis par les internautes. Mais, dans l’univers plus qu’imparfait du e-journalisme, ils sont surs d’une seule chose : l’avenir est à eux.

Twitter, un des réseaux les plus puissants du moment, n’est qu’un exemple parmi d’autres : la vitesse avec laquelle les journalistes se sont rués sur ce nouveau mode d’expression, presque informel, où l’on est obligés de communiquer en moins de 140 caractères seulement est hallucinante. Dans la course à l’information, les règles sont floues : le premier à communiquer demeure le premier servi. Et ce ne sont pas les journalistes qui tweetaient pendant le procès de DSK à New-York, alors que toute caméra était interdite, qui diront le contraire.

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